Un voyage qui change la vie
Mercredi 9 Juin 2010, 15:36
Durant leur volontariat, les coopérants ne sont pas que des professionnels, ils sont aussi des témoins pour leur entourage. Témoins au niveau local, mais aussi pour leurs proches qui
viennent les visiter. En rentrant en France, ces derniers changent leur vision de la vie, prennent des engagements solidaires. C’est le cas de Sonia , partie en vacances retrouver une amie
volontaire. Récit.
Il y a maintenant un an, une de mes meilleures amies réalisait enfin un de ses plus grand rêves : partir vivre un volontariat d’un an au Burkina Faso.
Si j'étais réellement ravie pour elle, au fond de moi un sentiment angoissant m'envahissait... Avec qui allais-je maintenant refaire le monde? Peu de temps avant son départ, on en a parlé longuement.
J'ai appris qu'elle aussi avait peur, de se sentir «loin» de ses amis et de sa famille, de vivre son expérience « en solitaire». Je lui ai conseillé de tenir un blog qu'elle alimenterait
régulièrement de photos, d'anecdotes, de moments de vie.
Puis vint le départ en Juillet 2008 avec les premières découvertes entraînant une liste de mails tous très enthousiastes et de pages de blog documentées. Tous ses écrits respiraient le bonheur. Elle
profitait de la chance qu'elle avait su saisir et nous transmettait sa joie.
Après quelques mois, j'ai reçu un mail. Je lui manquais et elle aimerait beaucoup que je vienne quelques jours vivre et comprendre son nouveau quotidien à Ouagadougou.
En Octobre 2008, je suis rentrée épuisée nerveusement d’une journée de travail et ai regardé les billets d'avion pour partir pendant les vacances de Février. J'avais besoin de dépaysement, de
quitter la grisaille parisienne, de vivre une expérience hors du commun avec mon amie. Je l'ai appelée, elle était d'accord avec les dates, c'était parti pour l'aventure!
Après les vaccins, les rendez-vous médicaux et autres paperasseries me voilà dans l'avion. Quelques heures plus tard, je foulais le pied d'un continent qui m'était inconnu. Mon amie m'a accueillie en
boubou traditionnel. Après nos accolades traditionnelles, nous étions embarquées sur sa mobylette dans une folle traversée de Ouagadougou.
Je découvrais alors son nouvel univers : son quartier et ses habitants, son lieu de travail et ses collègues, ses missions passionnantes, son église et ses paroissiens, son marché rempli de couleurs,
d'odeurs et d'éclats de voix.
Elle m'a guidée dans ses lieux favoris : le vendeur de tissus, le quartier des bijoux et des instruments de musique, le couturier, le boulanger, le maquis à l'ambiance électrique, le café à dolo,
etc.
J'avais cette sensation d'une vie paisible où mon amie se sent bien. Elle travaille sur un projet qui l'intéresse et la porte, lui dessinant de belles perspectives professionnelles, a pris l'accent
du pays, parle mooré avec les vieilles du quartier, discute, débat, rigole autour du dolo comme elle aimait le faire en France.
Elle est elle-même, épanouie, curieuse de tout ce qui l'entoure et continuellement agréablement surprise après 8 mois sur place.
Au milieu de nos multiples balades, je me surprenais à sourire sans raison apparente. Le Burkina Faso est un pays magnifique, riche de ses hommes, de sa culture, de son histoire et j’étais
profondément heureuse d'être là bas.
Le dynamisme de ses habitants, leur sourire, leur générosité, leur faculté à prendre du recul sur les problèmes du quotidien, leur débrouillardise, me surprenaient et m'éblouissaient jour après jour.
Si parfois il est pesant d'être régulièrement réduit à leurs yeux «aux blancs qui ont l'argent», transgresser ces aprioris au fil de discussions et d'échanges est passionnant.
Pour moi, la richesse d'un voyage réside dans la rencontre de l'autre, dans le dépassement de nos fondamentaux d'occidentaux, dans la compréhension de rites, de réactions, d'opinions, construits
autour d'une autre culture. J'avais la chance de vivre cela...
On dit que les voyages forgent l'Homme. Ce séjour m'a donné envie d’être plus solidaire et de m’investir en France. Et pourquoi pas, me proposer comme bénévole dans une association, pour
poser ma petite pierre dans le grand monde du Développement.
J'aime l'idée de transfert de compétences entre les gens, entre les nations, et je suis maintenant d'autant plus rassurée sur sa réelle portée sur place.