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Quand on regarde un animal

Dimanche 8 Mars 2009, 22:36

Quand on regarde un animal

 

La plupart du temps, quand on regarde un animal, celui-ci est abordé de façon complètement fantasmatique, c'est à dire qu'il est approché en fonction d'un certain projet que l'on à avec lui.

Le projet de notre société envers les animaux consiste à les classer par catégories chiens / chats / animaux domestiques / animaux de consommation.... Ces catégories subjectives nous permettent d'abuser largement de leurs vies et de la liberté à être ce qu'ils sont pour eux même, en référence à leurs besoins naturels.

Parler des droits des animaux, c'est se mettre face à la réalité pour sortir du fantasme que les animaux sont très gentils, très méchants, très bon à manger, du capital, des outils qui nous permettent de faire des expériences non fiables pour les intérêts des animaux humains etc.....

Les animaux sont ce qu'ils sont objectivement, et c'est tout.

L'éthologie, étude du comportement associé aux espèces , nous donne des informations capitales à ce sujet. Elle détermine que l'animal est un être qui agit et qui perçoit les choses et le monde extérieur, un être sensible qui a un désir de continuer de vivre et d'être libre qui peut aller au-delà même de la souffrance physique (à en juger par les animaux pris dans les pièges qui n'hésitent pas à se ronger la patte pour se libérer, survivre).

Qui peut aujourd'hui nier que l'animal est un être sensible et qu'il peut souffrir physiquement et psychologiquement ?

Qui peut aujourd'hui nier que l'animal à une conscience qui perçoit son environnement, ses congénères ?

Et bien en fait de nombreuses personnes si l'on s'en réfère aux discours que l'on entend parfois durant les stands d'informations.

L'éthologie démontre toutes ces choses concernant la sensibilité des animaux et leur conscience de l'environnement. Sans allez chercher jusque- là (l'être humain semble toujours avoir besoin de l'appui de l'intellect et des études pour voir ces choses), si vous avez la chance de vivre près d'un animal et si vous êtes suffisamment réceptif, vous allez constater par vous même, au cours de vos expériences avec celui-ci, là plupart des éléments que nous apporte l'éthologie cognitive concernant les animaux.

Parenthèse évidente à ce sujet: les personnes qui ne côtoient pas ou très peu les animaux sont celles qui sortent le plus d'inepties  à leur sujet. Elles vivent dans l'illusion de leurs opinions, conditionnées par une société spéciste et complaisante, asservie par le biais d'une forme de « servitude morale volontaire », bien décrite par la boétie, philosophe et poète du 16ème siècle, dans son "discours de la servitude volontaire".

Quand on sait que, notamment, l'animal est toujours considéré comme « un bien meublé »  dans notre code civil, et que la proposition de changement récente à ce sujet a été refusée par le ministère en place, on peut alors comprendre pourquoi le peuple en est là, puisque notre pays, pour les intérêts fantasmatiques que nous avons cités auparavant, fera tout pour que la situation ne change pas.

Ce fantasme est stérile, fige les animaux dans une perception limitative et exclu toute perception du réel mouvement de la vie et le respect des principaux concernés par cela. La boétie nous dit :

« La nature de l'homme est d'être libre et de vouloir l'être , mais il prend facilement un autre pli lorsque l'éducation le lui donne [...] Ainsi, la première raison de la servitude volontaire, c'est l'habitude. Ils disent qu'ils ont toujours été sujets, que leurs pères ont vécu ainsi. Ils pensent qu'ils sont tenus d'endurer le mal (et de le faire, dans le cas ici présent), s'en persuadent par des exemples et consolident eux-mêmes, par la durée, la possession de ceux qui les tyrannisent (et consolident aussi, eux-même, leur position de tyran). »

Je crois que cette attitude peut s'appliquer aussi au regard que l'on porte sur les animaux. Je crois aussi que si « la nature de l'homme est d'être libre », cette « nature d'être libre» doit s'accompagner d'un désir de réciprocité concernant les autres espèces dans une société qui aspire à l'équité et au civisme.

Partant donc de ces éléments, nous observons que le peuple va adopter plusieurs types de réactions:

  • Soit il va adopter un comportement fataliste concernant le sort que l'on réserve aux animaux: « c'est comme ça, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ?! ». Il utilise souvent d'ailleurs l'argument de la chaîne alimentaire. Pas si évident que ça, en outre, si l'on s'en réfère à notre physiologie plus proche de mangeurs de fruits ( http://www.euroveg.eu/evu/french/news/news962/omnivore.html ).

    Là n'est pas la question, puisque, de toute façon, nous pouvons nous passer de la consommation d'animaux sans conséquence.

  • Soit modifier son comportement en développant une attitude plus raisonnable envers les animaux, considérant que l'utilisation que l'on en fait est un « mal non nécessaire »
  • Soit, la personne va sciemment occulter tous ses éléments (même après en avoir été informé) pour lesquels nous avons un devoir de moralité envers les animaux (par l'existence même de notre raison, de la connaissance de la volonté de vivre de l'animal) Ou pire encore, le savoir, le reconnaître, mais placer l'espèce humaine en haut d'une échelle de valeur hypothétique qui ne tient pas et s'effrite naturellement à la lumière de la plus petite réflexion. Nous adoptons par là-même une sorte de « schizophrénie morale » envers les non-humains, comme dirait le professeur Francionne.

La schizophrénie morale est un terme utilisé pour faire le parallèle entre le devoir de conscience morale que nous considérons comme tout à fait normal envers les humains et que nous occultons pour les animaux alors que des éléments probants nous invitent à respecter leur droit de vie, de liberté au même titre que les humains.

Selon nos fantasmes, nos intérêts propres, les animaux seront donc appréhendés comme des objets susceptibles de répondre à un désir, un besoin.

A titre d'exemple, Il m'est personnellement arrivé, de voir un chien à qui l'on donnait du café à table avec une serviette autour du cou et que l'on traitait visiblement comme un enfant. Il faisait l'objet frappant d'un transfert d'affection et ces individus personnifiaient l'animal en lui attribuant un rôle dont celui-ci se moque puisque cela ne fait pas partie de ses motivations liées à sa nature. On utilise familièrement le terme « chien chien à sa mémère » dans ce type de cas.

Ce comportement étrange correspond souvent à des gens non impliqués dans la cause, contrairement à ce que l'opinion commune voudrait croire. En outre, ces personnes n'hésitent pas volontiers à planter leurs fourchettes dans un cadavre d'animal ! En serait-il de même si au dîner nous leur présentions une cuisse de leur chien ?

Ce qui ne fait pas partie des intérêts biologiques de l'espèce doit clairement être observé et mise à jour quand on se penche sur les droits des animaux. En ce qui nous concerne, en tant qu'être de raison, nous savons donc que la vie et la liberté d'un animal sont précieuses et qu'il fera tout pour les préserver. Par empathie, nous avons la possibilité de nous abstenir, de part notre physiologie apparentée aux frugivores/omnivores, de manger de la chair animale tout en nous portant bien, comme en témoigne la POSITION OFFICIELLE DE L'ASSOCIATION AMERICAINE DE DIETETIQUE ET DES DIETETICIENS CANADIENS et d'autres recherches. Par ces éléments et l'exemple de millions de végétariens/liens qui se portent bien, il est évident que nous pouvons faire ce choix de compassion envers les animaux.

Quand on regarde un animal, soyons donc vigilant de ne pas les appréhender avec les fantasmes de notre personnalité et de nos propres besoins, dans l'intérêt de tous. En effet, rendre l'animal asservi est déjà une chose mais s'asservir en plus au joug de notre cadre de référence limité à leur sujet en est encore une autre. Aborder l'animal comme un concept c'est avoir une vision étriquée dont nous ne sommes pas libre. Cette vision étroite manque d'espace, est illusoire, égoïste et témoigne d'un besoin que nous devons satisfaire et qui les concerne aussi, malheureusement, en tant qu' êtres sensibles.

Pour résumé et faire simple, je citerais une phrase familière que j'ai lu un jour quelque part:

« On ne vous demande pas d'aimer les animaux mais foutez leur la paix... »

Sébastien.

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