Initiative de Sauvegarde du Patrimoine des Oasis du sud tunisien (ISPO)

Mardi 18 Mars 2008, 09:37

Initiative de Sauvegarde du Patrimoine des Oasis du sud tunisien (ISPO)

Le CARI en lien avec ces partenaires tunisiens à travers l'ASOC (Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chenini Gabes) a élaboré un projet autour de 4 sites pour sauvegarder des oasis du sud tunisien (Oasis de Chenini Gabès, Oasis de Kettana, La palmeraie du village de Ksar El Hallouf, la Corbeille de NEFTA.
L'objectif principal de sauvegarde du patrimoine oasien se décline en deux objectifs spécifiques :
- maintenir un système d'exploitation viable et écologique en restaurant l'agrosystème oasien
- favoriser une démarche territoire oasienne valorisante
Sous cet objectif c'est le lancement d'une dynamique nouvelle à l'échelle du territoire des oasis qui est attendu. Ceci se réalisera par une batterie d'actions au niveau du terrain, mais aussi au niveau socio-économique et de l'organisation.
Les activités du projet
Agroécologie appliquée :
Ce volet constitue la clé de voûte de l'intervention avec des activités de formation, d'appui technique à la parcelle, de gestion de la matière organique, etc. Il s'agit de diagnostiquer l'existant, d'évaluer le potentiel d'amélioration et de l'exploiter par la formation sur site, en petits groupes et dans les parcelles en utilisant des techniques agroécologiques, dont en premier lieu la gestion de la matière organique et la fertilité. Il s'agit de l'action de base. Celle qui touche au patrimoine agronomique et de ressources naturelles et du milieu des fellahs qui l'ont construit et qui s'y inscrivent.
3 axes seront développés dans ce projet :
- axe fertilité : il s'agit de travailler sur le " patrimoine " sol, en le protégeant, le restaurant et en augmentant son potentiel
- axe eau : l'économie sera le fil conducteur, en particulier en travaillant sur les usages et techniques. L'eau étant le facteur limitant majeur, une gestion contrôlée et raisonnée est primordiale pour la sauvegarde des oasis.
- axe multiplication diversification (semences, fruitiers, palmiers) : en maîtriser les techniques pour redonner de l'attrait à l'agriculture
Economie et valorisation :
Ce volet passera par des expérimentations dans divers domaines, en particulier à propos de certaines facettes du volet agroécologie appliquée et l'économie d'eau. Il reposera aussi sur la structuration de filières de productions, recherchera la labellisation de produits de qualités et/ou biologiques et s'attaquera au volet transformations. Il s'agit ici d'appliquer les techniques connues par ailleurs mais nouvelles dans ce milieu et de chercher à travailler en termes de filière en recherchant les segments de création de valeur ajoutée.
La valorisation comporte des risques quant à ses répercussions sur les modes de productions : risques de privilégier certaines productions déséquilibrant les strates traditionnelles, choix de certaines spéculations non durables vis-à-vis du sol, de l'eau, etc. Pour nous, il est important de :
- favoriser la conservation et la sauvegarde des oasis telles qu'elles ont été mises en place historiquement (palmiers, fruitiers, cultures herbacées) avec si possible leurs trois strates. Ce qui implique :
a - de travailler en priorité sur la valorisation des dattes. Ce qui aura pour conséquences d'augmenter la valeur ajoutée de la principale culture de rente actuelle, de stimuler la remise en valeur des vieilles palmeraies et d'éviter l'abandon du palmier dans certaines zones.
b- de stimuler la diversification par la valeur ajoutée et la transformation (henné, fruitiers et légumes). Cela aura pour conséquences de maintenir la notion de strates oasiennes.
- favoriser un développement économique qui soit social, collectif et équitable. Ce qui implique de travailler avec des associations ou coopératives dont la gestion est maîtrisée par des agriculteurs, afin d'assurer une juste répartition des plus values potentielles.

Formation et appui technique pour la valorisation agroécologique des terres de la cuvette de Maydalla et des environs (FAVAME)

Le projet se déroule en Mauritanie dans la commune de Tachott Bérané, qui se situe à 35 km au nord de Sélibaby, capitale régionale de la Wilaya du Guidimakha, la plus petite du pays. Elle compte environ 12 000 habitants répartis dans neuf localités dont Tachott Botokhollo est le chef lieu. Des communautés diverses tels que les Maures, Peulhs et Soninkés (sarakolés) y cohabitent depuis quelques générations.
Les contraintes ou problèmes à résoudre :
La dégradation du milieu naturel dans le Guidimakha, comme sur la Commune de Tachott Bérané est un fait avéré. Cette dégradation est partout visible et a transformé le paysage rural, à Tachott, Signa Lémé, Artémou, Maydalla.
Le diagnostic de désertification est sans appel, ceci sous l'action conjuguée des éléments, de la pluviosité violente et des vents du désert et du fait de l'exploitation non régulée des terroirs par leurs occupants à travers les effets conjugués du surpâturage et de l'augmentation de la pression anthropique. L'augmentation des besoins en bois énergie, a conduit à la coupe abusive de bois et à la déforestation du milieu, accélérant ainsi le ruissellement et entraînant par conséquent une érosion hydrique importante.
On observe une destruction lente des ressources exploitables par l'agriculture et l'élevage sur un milieu déjà fragilisé par des années de sécheresse. Aujourd'hui cette dégradation du milieu contribue de façon directe à l'accroissement de sa désertification et les ressources exploitables sont devenues insuffisantes pour assurer l'autonomie alimentaire de la population.
La disponibilité en eau, facteur limitant de l'activité agricole dans ces régions pré désertiques, est faible et se réduit. Les eaux superficielles comme les eaux des nappes alluviales, seules utilisables par l'agriculture, sont de moins en moins accessibles.
C'est bien là l'obstacle majeur au développement socioéconomique de Tachott Bérané, qui oblige de traiter en priorité la ressource rare de ce territoire : l'eau.
Les besoins ou domaines d'intervention :
Le présent projet s'articule autour des différents besoins exprimés par la population locale et les migrants de l'URTBFD (Union des Ressortissants de Tachott-Bérané en France pour le Développement) et auxquels le CARI a les compétences pour répondre en partenariat avec ses partenaires locaux :
- La sauvegarde des ressources naturelles et notamment mener la bataille de l?eau.
La question n'est pas de trouver de nouvelles ressources en eau pour répondre aux nouveaux besoins de la population mais plutôt de mieux utiliser les ressources actuellement existantes, en d'autres termes, d'adapter les pratiques de l'homme.
- L'amélioration des techniques de production avec des méthodologies respectueuses de l'environnement basées sur l'agroécologie.
- L'aménagement des berges des oueds contre l'érosion rapide des terres cultivées et cultivables par les pluies et les crues des oueds au sein du village mais aussi dans la plaine de Maydalla.
- Le renforcement des capacités des acteurs et des partenaires du projet en matière de gestion et de techniques culturales spécifiques.
Activités du Projet :
Le projet s'articule à travers plusieurs actions pour répondre aux différents besoins locaux :
1. Le développement des pratiques agricoles adaptées pour la valorisation durable des ressources locales :
1.1 Formation à l'agroécologie : L'objectif de cette activité est d'une part de former le personnel de formation du Centre aux techniques de l'agroécologie et à l'approche agroécologique et d'autre part de faire du Centre un référent en matière d'agroécologie pour la région du Guidimakha afin de continuer la promotion des pratiques agroécologiques. Pour cela, la stratégie du CARI est de créer à l'intérieur du Centre un lieu de démonstration bien entretenu pour les pratiques de base de l'agroécologie et notamment le compostage ceci afin de permettre aux personnels permanents de suivre en grandeur et en temps réels le processus.
L'agroécologie se base notamment sur la fertilisation des sols à travers notamment les techniques du compostage.
Les formateurs, dotés de la spécialisation agroécologie, seront par la suite la relève du CARI pour la formation des agriculteurs de Tachott Bérané et de la région du Guidimakha.
1.2 Formation chez les agriculteurs locaux
- Appui à la coopérative des femmes
La coopérative des femmes a mis en valeur un jardin maraîcher depuis 20 ans au sein du village en bordure de l'oued principal (le Niordet).
Les membres de la coopérative n'ont jamais reçu de formation agricole pour la pratique du maraîchage ce qui explique la faiblesse de leurs compétences techniques. C'est pourquoi elles utilisent davantage d'engrais chimiques quand leurs moyens et l'approvisionnement sur le marché local le leur permettent. Elles achètent aussi régulièrement des semences extérieures par manque de connaissances sur le mode de sélection et de conservation des semences issues de la récolte.
L'action du CARI consiste dans ce cadre à mettre en place des sessions de formation à l'agroécologie pour répondre aux besoins directs des femmes dans la mise en valeur du jardin coopératif et de les équiper en petits outillages.
- Valorisation du champ collectif et appui au groupe d'agriculteurs désignés
L'action du CARI concernant le « champ collectif » sera de mettre en place une formation à l'agroécologie en appui au groupe d'agriculteurs désigné par le Comité villageois en charge de travailler sur le Champ, afin notamment d'améliorer et moderniser les systèmes de production actuels et de réaliser des économies d'eau.
Cela implique que la formation donnée, essentiellement pratique, s'appuie sur un dispositif de démonstration et de petite expérimentation (le champ collectif) et que celui-ci se constitue progressivement en ferme école.
Le contenu de la formation sera donc développé en deux étapes, l'une immédiate, dite d'adaptation du système agraire actuel, l'autre introduite selon un programme négocié avec les villageois, de modernisation du système de production végétal et animal.
L'effort de formation portera aussi sur le verger qui comporte plusieurs centaines d'arbres fruitiers ayant une croissance correcte à laquelle pourrait être associé (sous les arbres) des cultures maraichères. On se rapprochera ainsi d'un « système oasien » pouvant apporter un revenu plus conséquent.
2. L'amélioration des conditions de vie des populations locales : Amélioration des revenus et sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire : En plus des formations aux techniques de l'agroécologie, les techniques permettant d'accroître les rendements de productions seront mises en oeuvre. En effet, les questions de taille des arbres fruitiers, de rotation des cultures, d'association de culture qui font également partie des techniques agroécologiques vont permettre d'avoir une production plus importante qu'actuellement.
De plus, il sera également privilégié la diversification tant que possible des cultures (légumes, fruits, plantes aromatiques...) afin d'avoir une production varié et suffisamment importante pour permettre une certaine sécurité alimentaire de Tachott Bérané. Cette diversification se fera à travers le maraîchage mais aussi par la mise en place d'une pépinière permettant de développer la culture de fruitiers.
3. La lutte contre l'érosion et la dégradation des sols : Aménagement hydraulique, réalisation de micro-barrage
3.1 Protection des jardins
Les jardins étant régulièrement amputé de leur terre par l'érosion de l'oued il s'avère nécessaire de mettre en place des infrastructures pour stopper cette érosion inquiétante. Réaliser une protection des jardins contre les fortes crues de l'oued est une priorité pour l'avenir afin de sécuriser le maraîchage et les plantations d'arbres fruitiers.
L'option choisie est de mettre en place progressivement au pied des falaises de terre ravinées par les crues, des digues basses en gabions, cages grillagées remplies de cailloux et ligaturées les unes aux autres.
3.2 La Plaine de Maydalla
A l'évidence, la sauvegarde de la ressource en eau passe par l'aménagement du bassin versant, à partir de l'amont, par la mise en oeuvre des méthodes classiques de lutte antiérosive, de défense et restauration des sols, de réalisations de banquettes en courbe de niveau, de digues filtrantes dans les lits d'oued et de gabions en protection des berges. Ceci pouvant s'accompagner également par des campagnes de reboisement et de mises en défens.
Le principe est de réaliser en travers du ruissellement des obstacles répétés à l'aide d'amoncellements de pierres prélevées à proximité ou de gabions afin de peremttre à l'eau de s'infiltrer plus longuement dans le sol.
La multiplication de ces ouvrages dans toute la vallée peut permettre à long terme de faire progresser la ressource en eau et en terres cultivables.
Un pépinière sera également mise en place au niveau du champ collectif pour les plants du verger mais aussi pour des plants d'essences forestières afin de prévoir par la suite un chantier de reboisement de la plaine afin de lutter contre l'érosion et la dégradation des terres.

1 - 21/03/2008 10:23 par david.drui
ce projet est super! j'adhère :)
2 - 14/04/2008 10:11 par colettebrosse
Ce sont les gouttes d'eau qui font les grandes rivières Colette
3 - 28/04/2008 18:54 par bargoul
Bon courage à vous !
4 - 01/08/2009 19:11 par Gabrielle
oui sauvons notre planète en sauvegardant ses ressources
5 - 01/08/2009 19:32 par Tinette
d'accord Gabrielle et fournissons l'eau à ceux qui en ont tant besoin
6 - 06/08/2009 18:17 par marie-france
Ouawww ! quel programme !
7 - 09/08/2009 17:15 par Gégé
c'est du concret et c'est vital pour les hommes de ce pays maintenant
8 - 10/08/2009 06:57 par Tinette
l'eau pour tous les hommes dans le monde ce devrait être le programme de tous
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