Contexte socio-économique de la zone d’intervention d’ASEL

Mercredi 3 Février 2010, 07:21

Les cinq écoles partenaires d’ASEL sont localisées dans le Nord de la plaine de la Békaa. Cette région défavorisée située à l’Est du Liban était connue pour les cultures illicites (cannabis et pavot) qui y proliféraient pendant la guerre civile. Celles-ci ont permis à une minorité de s’enrichir mais ont surtout plongé nombre de petits agriculteurs dans un statut de dépendance vis-à-vis de ces filières illégales de commercialisation, aujourd’hui démantelées. Près de trente ans après la fin de la guerre civile, la région reste l’une des plus déshéritées du Liban. Plusieurs programmes de développement financés par l’aide internationale y ont été déployés, notamment pour la promotion de cultures de substitution. Mais ces actions rencontrent un succès mitigé par manque de suivi et d’appropriation par les populations.
La ville la plus importante et la plus attractive du nord de la région est la ville de Baalbek. Avec 64 000 habitants, de majorité chiite, elle est l’un des fiefs de la résistance libanaise emmenée par le Hezbollah. Un monumental site de ruines romaines attire tous les ans des milliers de visiteurs. Un potentiel économique qui reste encore aujourd’hui largement sous-exploité…
Les familles aidées par ASEL vivent souvent de la culture du tabac ou des vignes. Les revenus – et donc la capacité à payer les factures scolaires – dépendent des récoltes. Le niveau de vie étant plus bas que celui des familles résidant à Beyrouth, les frais de scolarité représentent au minimum 15 % à 20 % des dépenses familiales. Et encore davantage, pour les familles nombreuses, ce qui est souvent le cas.
Selon la loi amendée en 1998, l’école est obligatoire jusqu’à 12 ans. Mais le travail des enfants est une réalité au Liban. Le troisième rapport (1998-2003) sur la situation des enfants au Liban élaboré par le Ministère des Affaires Sociales et le Haut Conseil pour l’Enfance note que 13,1 % des enfants libanais entre 10 et 18 ans travaillent.
Dans la Békaa, plus de 50 %  des familles sont dans l’incapacité de payer la totalité des frais de scolarité. Pour assurer un revenu à leurs enseignants et un enseignement de qualité, les établissements scolaires cherchent alors à attirer les enfants des fonctionnaires et de salariés qui bénéficient d’une allocation pour la scolarisation de leurs enfants, soit une rentrée d’argent assurée pour ces écoles. Mais cela reste une minorité, la plupart des emplois relevant d’un statut indépendant, ou du secteur informel (travail journalier ou à la tâche).

1 - 08/02/2010 20:42 par Jeanne
Merci pour ces précisions sur le territoire dont s'occupe ASEL
2 - 12/02/2010 12:22 par Phina
supposons que les cultures illicites ont cessées sur ce territoire
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