Aménagement des vallées de Casamance
Mardi 15 Avril 2008, 13:44
Aménagement des vallées de Casamance
Contexte :
En Casamance, 60 % de la population active vit de l'agriculture et en particulier de la riziculture qui assure l'essentiel des ressources alimentaires et monétaires.
Cette zone était connue pour la densité et la diversité de ses ressources naturelles qui en avait fait une région prospère et autosuffisante (forêt constituée d'espèces variées telles que des
fromagers, des palétuviers et une multitude d'arbres fruitiers).
Cependant, à partir des années 70, ce secteur est confronté à plusieurs contraintes telles que les déficits pluviométriques qui ont provoqué, entre autres, la disparition de certaines espèces
végétales (dégradation progressive des forêts, des palmeraies, rôneraies et de la mangrove), et la diminution des surfaces cultivables entraînant une baisse de production.
Par ailleurs, le conflit qui a duré plus de 20 ans en Casamance a contribué à la décadence de l'économie régionale. Depuis le déclenchement de la lutte armée en 1983, plusieurs villages ont subi
les frais de cette crise. Cette situation a fortement déstructuré le tissu économique et social de cette partie du pays.
D'importants mouvements de populations ont provoqué l'effritement de l'organisation sociale des villages induisant une déstabilisation profonde des économies locales, un abandon des terroirs
(dégradation des sols et salinisation des vallées?) et une prédation des ressources naturelles (exploitation anarchique des essences précieuses?).
A partir de 2003, les signes d'apaisement dans le sens d'une paix sont actés par beaucoup d'observateurs, ce qui a permis d'amorcer un retour des réfugiés et des aménagements agricoles pour
améliorer la production. Ces retours sont aujourd'hui accompagnés d'une mobilisation de plus en plus forte des différentes familles d'acteurs (populations, organisation de la société civile,
pouvoirs publics et partenaires au développement).
Les diolas (habitants de Casamance) ont toujours confectionné des digues dans leurs rizières. L'état du milieu demande aujourd'hui un appui pour assurer la durabilité de leurs initiatives.
Objectif des actions :
Augmentation des productions grâce à la protection des vallées et à une meilleure valorisation
Ces actions visent les paysans directement (en particulier les femmes, pratiquant la riziculture), ainsi que les élus des collectivités, responsables de la Gestion des Ressources Naturelles sur
leur territoire.
Activités à mener sur chaque vallée :
- Mise en place ou redynamisation de comités vallées (responsable de l'organisation des travaux, de la gestion et maintenance des ouvrages, de la gestion des semences améliorées communautaires)
;
- Réalisation des études techniques et socio-économiques de faisabilité des aménagement ;
- Formation du comité villageois sur la construction de digues anti-sel améliorée ;
- Construction ou rechargement de la digue par les villageois (les digues sont nivellées, recouvertes de coquilles d'huitre et enherbées pour assurer leur durabilité) ;
- Construction des vannes et ouvrages évacuateurs par des entrepreneurs locaux (appui à la collectivité pour mener les consultations et le suivi) ;
- Formation du comité en gestion (modalités d'ouverture et fermeture des vannes) et maintenance de l'ouvrage ;
- Formation en amélioration de la valorisation des vallées aménagées (compostage, système cultural amélioré) ;
- Mise en place d'essais variétaux et d'essais de production de semences améliorées par les comités vallées ;
- Suivi agronomique et étude du comportement des variété avec le comité ;
- Organisation de visites d'échanges et d'observation des variétés sur le terrain avec les comités appuyés et les services techniques de l'Etat ;
- Appui aux comités pour l'organisation de banques de semence villageoises ;
- Organisation d'une foire régionale aux semences, lieu d'échanges entre comités et partenaires.
Depuis 10 ans, le GRDR a aménagé une trentaine de vallées. De nombreuses demandes d'aménagement n'ont pas été traitées.
Le GRDR
Le GRDR est une association française créée en 1969 par des migrants.
Elle est présente en France et en Afrique au niveau de 3 pays : Mali (Kayes), Mauritanie (Sélibaby et Kaedi), Sénégal (Bakel et Ziguinchor), principal bassin subsaharien d'émigration vers la
France, en particulier au niveau du Bassin du Fleuve Sénégal.
En Afrique, , le GRDR travaille avec les autorités administratives locales, les services techniques de l'Etat, les municipalités et les acteurs de la société civile autour du triptyque «
décentralisation-développement local-lutte contre l'appauvrissement ». Il promeut le processus de maîtrise locale de la décision et de l'action pour une amélioration durable des conditions de vie
des populations conforme à leurs aspirations et basé sur une mobilisation des ressources locales.
Sur la base de cette approche généraliste, le GRDR développe aussi des programmes thématiques de développement économique (agriculture) et socio-sanitaires (notamment VIH/Sida) [Programme d'Appui
aux Initiatives de Développement Local - PAIDEL - dans les 3 pays ; Appui au Secteur Horticole - PASH - au Mali ; Programme Solidarité Santé Kayes (PSSK) ? Aménagement des vallées du Blouf et du
Kassa en Casamance ? Gestion des ressources naturelles et sécurité alimentaire au Mali et en Mauritanie].
En France, le GRDR accompagne les dynamiques individuelles et/ou collectives des immigrés pour leur accès aux droits et leur implication citoyenne. Il exerce son expertise pour favoriser
l'insertion sociale et économique des migrants [Programme d'Appui aux Mouvements Associatifs Migrants (PAMAM) ? Programme de promotion socioprofessionnel et d'appui aux porteurs de projets
économiques individuels ? Appui aux Actions Socio-Sanitaires (PAASS)].
Sur le double espace, grâce à leur double appartenance à leur territoire d'origine et d'accueil, les migrants deviennent ambassadeurs des projets de développement menés dans les régions d'origine
auprès de partenaires français et notamment des acteurs de leurs collectivités locales de résidence . Le GRDR accompagne les associations de migrants et leurs partenaires (collectivités locales,
comités de jumelage, OSI) afin de les encourager à améliorer leurs connaissances de l'autre espace. L'un des objectifs visé est de valoriser les migrants dans leur implication citoyenne ici et
là-bas [EDUCODEV]