A contre courant - par webmestre le 16/03/2010 - 20h54

Mardi 14 Février 2012, 11:05

var uri_amigo_revoir_id3089758_more = "/fr/Comprendre-le-monde/L-eau-en-danger/THEMA---La-guerre-de-l-eau-n-aura-pas-lieu/3089758,templateId=renderServicesAmigo,CmPart=com.arte-tv.www.html"; La guerre de l'eau n'aura pas lieu A contre courant (sur Arté) Du Nord-Pas-de-Calais à Mexico, comment l'eau se gère-t-elle au quotidien ? Nuancée et plutôt optimiste, une enquête limpide dans l'entrelacs des canalisations.  La stratégie de la goutte d'eau Va-t-on se battre pour l'or bleu ? La pollution et le réchauffement climatique aidant, la question devient lancinante. Intrigué, Vassili Silovic a mené l'enquête, de la Murcie à Bamako en passant par Mexico et le Nord-Pas-de-Calais. Suivant à la trace les habitants, les ingénieurs, les urbanistes et les décideurs locaux, le réalisateur met en lumière des trafics, des détournements et des aberrations dont l'origine remonte parfois à loin. Un exemple ? Lorsqu'ils ont créé Mexico au XVIe siècle, les Espagnols ont ainsi mené de grands travaux pour évacuer l'eau des canaux aztèques vers la mer. Tout ça pour qu'au XXe siècle, des ingénieurs, héritiers de cette tradition de grands ouvrages, aillent chercher de l'eau à 60 km, puis à 130 km de la ville ! Mais loin d'offrir une vision manichéenne, le film se focalise sur des points précis du globe pour montrer comment l'eau se gère au quotidien, sur quel réseau complexe de canalisations et de relations humaines son organisation repose. Sans nier excès et rapports de forces, il montre que ce nécessaire partage incite souvent les hommes à discuter et à négocier. Une enquête aussi limpide que passionnante. Vassili Silovic, le réalisateur du documentaire A contre courant, a sélectionné et commenté pour nous six séquences qui n'apparaissent pas dans son film. L'Eau,  enjeu du Siècle? L'eau, enjeu du siècle ? L’eau douce se raréfie partout sur la planète sous les effets combinés de la croissance de l’activité humaine, de la pollution, et du réchauffement climatique avec ses épisodes extrêmes de canicule, sécheresses, inondations, ouragans et autres. Dans les pays riches comme dans les pays pauvres, les situations de crise se multiplient. Avec l’accroissement démographique prévu, la pression va encore s’accentuer et les quantités d’eau douce disponibles diminuer. Pour inverser cette tendance, diverses solutions existent : améliorer l’efficacité des techniques d’irrigation, rénover les structures de production et de distribution d’eau potable et en construire de nouvelles, préserver les réserves, lutter contre la pollution, entre autres en assainissant les eaux usées, recycler l'eau, etc. La plupart de ces solutions sont d’ordre technique et demandent d'énormes investissements. La plupart des États ne s’en sentent pas capables. En l’an 2000 seulement 5% des ressources en eau étaient gérées dans le monde par le secteur privé. Mais cette proportion est en train d’exploser. Les uns après les autres les gouvernements et les collectivités territoriales délèguent la gestion de leur service d’eau à des opérateurs privés, capables d’en assurer le risque économique. Les marchés s’annoncent gigantesques pour des entreprises de plus en plus nombreuses sur le secteur. Bien commun ou marchandise ? De bien commun, l’eau est devenue en quelques années bien économique. Des voix s’élèvent pour contester ces privatisations et leurs conséquences. Celles de certains usagers et celles des militants de l’eau, qui luttent contre sa marchandisation. C’est la tarification du prix de l’eau qui est au cœur du problème et avec elle les modalités d’intervention des États. Les tenants du libéralisme argumentent que la tarification d’un prix de marché est la meilleure solution pour éviter les gaspillages et mobiliser l’investissement nécessaire.  Mais le prix de l’eau, évalué sur la base de son coût total réel (production, distribution, assainissement), peut-il être fixé par le seul marché et répercuté directement sur les consommateurs ? Comment éviter l’exclusion des populations les plus pauvres ? Vu la dégradation de la ressource, les besoins des industries, agricultures, particuliers, services et loisirs sont en train de devenir concurrents. Peut-on laisser les mécanismes de marché déterminer les usages prioritaires ? Peut-on laisser le seul marché arbitrer entre ces différents usages ? Ce qui équivaut par exemple à supprimer les subventions à l’agriculture. Peut-on considérer l'eau comme un « droit fondamental de l'homme », gratuit ou tarifé à prix coûtant ?   Les deux majors historiques du secteur, Suez et Vivendi, ont exporté dans de nombreux pays le modèle, devenu dominant, de délégation de service public à la française. Mais ce mode de partenariat public/privé soulève des questions graves. Car le marché de l’eau n’est pas un marché classique, c’est un monopole local. D’où les suspicions d’entente illicite, de surprofits, de surfacturations qui voient le jour un peu partout dans les villes où la gestion de l’eau est privatisée. Il semble difficile de revenir en arrière. Se réapproprier les connaissances, les savoir-faire, les métiers, le développement des technologies, y compris la fonction d’évaluation des choix technologiques. Les pouvoirs publics ont souvent perdu leurs compétences dans le domaine et sont devenus prisonniers de l’opérateur privé. De plus, l’ouverture à la concurrence du secteur de l’eau fait s’y précipiter un nombre grandissant d’entreprises aux métiers divers. La compétition s’accroît, au travers des territoires, entre les différents fournisseurs. Les multinationales s’affrontent pour l’hégémonie mondiale.  Les fournisseurs de boisson gazéifiées, type Coca ou Pepsi, et les géants de l’eau en bouteille, Danone et Nestlé, affrontent les géants classiques de l’eau potable, « les robinets », notamment sur le nouveau marché de l’eau purifiée.   Avec la concurrence se dessine le risque de balkanisation des territoires, de distribution sélective et de dégradation du service public.   Plus qu’une affaire d’ingénieurs, de chimistes ou de gestionnaires, l’eau est une affaire de démocratie. A contre-courant mardi, 16 mars 2010 à 20:35   /   Rediffusion jeudi 25 mars à 10H15    (France, Allemagne, 2009, 77min)    sur ARTE.

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